C'était un soir d'automne. Une de ces soirs où les feuilles virevoltent à travers les sentiers, où la lune éclaire tout un paysage lumineux, paysage brillant de mille feux grâce au scintillement des étoiles. Un de ces soirs où les amoureux ne sont pas rentrés chez eux mais se sont cachés derrière un buisson pour profiter du temps.
C'était aussi un de ces soirs ou Selena se promenait seule dans le parc. Elle écoutait le vent s'enrouler doucement dans ses cheveux, admirait la lune et suivait le chemin des feuilles mortes. Et elle réfléchissait. A tout, à rien, elle ne regardait pas où elle allait, peut lui importait, elle ne se perdrait pas, de toute façon. Elle appréciait ce calme nocturne, qui la changeaient de ses soirées mouvementées à la maison, où tout le monde criait et où elle voulait hurler.
Mais peut-être, peut-être que cela aurait pu être différent. Elle n'en savait rien, quoi qu'elle fasse, rien ne changeait. Alors elle voulait partir. Elle avait des rêves, que peut-être, elle aurait pu réaliser, si elle n'avait pas si peur. Peut-être, oui. C'était exactement le mot qui convenait pour décrire sa vie. Peut-être.
Et puis il y avait ce garçon. Le même que dans tout les contes de fée, dans tout les films. Toujours le même, évidemment, connaissez vous une histoire sans ce garçon? Elle en rêvait, même si elle savait qu'il n'existait pas. Peut-être, elle pourrait trouver quelqu'un qui y ressemble. Car nous ne sommes pas dans un film. A la fin, la fille n'embrasse pas le garçon, ni inversement proportionnel ou égal, c'est stupide. Selena, sa vie, c'était le genre d'histoire qu'elle n'aimait pas. Le genre d'histoire où, à la fin, l'héroïne se rend compte que tout cela, ses rêves, tout, c'est impossible.
Elle aurait aimé vivre une de ses histoires merveilleuses, une de celles où la jeune fille rencontre l'homme de sa vie et n'a qu'un seul énorme problème qu'elle résout de toute façon à la fin. Une de ces histoires qui donnent envie de danser, mais, pas peut-être, mais obligatoirement, c'était impossible. Stupide.
Mais peut importe tout ça. C'était faux, de toute manière. Mais si seulement... Peut-être...
Selena est morte, cette nuit là. Les amoureux n'ont rien vu, les feuilles mortes ont continué leur chemin, seules, et la lune a continué à briller. Personne ne se rappelle d'elle, c'était il y a longtemps. Et pourtant.
C'était un soir d'automne. Une de ces soirs où les feuilles virevoltent à travers les sentiers, où la lune éclaire tout un paysage lumineux, paysage brillant de mille feu grâce au scintillement des étoiles. Un de ces soirs où les amoureux ne sont pas rentrés chez eux mais se sont cachés derrière un buisson pour profiter du temps.